Rejoignez-Nous, Textes En folie WhatsApp +509 4040 68 40.


Je suis un homme à femmes


Je n’ai pas le temps de rire quand mes yeux comptent tes larmes. Quand tes soupirs me brisent le cœur et que ton chagrin assombrit le ciel lugubre de mon cœur. Le soleil s’en va, encore, avec les souvenirs du jour. Ce qu’il a vu ou entendu, même les déboires à proscrire. Et parmi eux ton ressentiment quand tu as vu dans mon regard le côté sombre de ma nature. J’aurais préféré garder les yeux fermés mais il fallait pour une fois tout te dire, t’enlever cette illusion que je serai à toi pour toujours alors que je ne m’appartiens pas.

Je suis si triste de te voir pleurer et en même temps je m’en réjouis. Car si j’ai mérité tes larmes c’est parce que je n’ai pas gagné que ton corps, mais j’ai aussi vécu dans ton cœur, dans le sillage de ton amour. Oui, savoir que tu m’as aimé décuple ma légende parce que tu es le sujet de convoitise de plus d’un. Pourtant je ne saurais t’appartenir parce que je ne m’appartiens pas.

Je dis parce que et c’est tant mieux sinon je ne saurais expliquer ce qui a bien pu se passer pour que de toi je puisse me lasser. Tu es un fruit exotique qui renferme le nectar voluptueux d’un miel que les dieux gardent jalousement dans leur palais. Or mon palais s’est délecté de la succulence de ton corps, je me suis enivré de ta douceur, je garde encore le goût de tes seins au bout de ma langue. Je pouvais me perdre dans ton regard et me retrouver dans tes bras. A l’aube je cueillais tes baisers et le soir je déposais délicatement les miens sur ton fruit défendu. Tu gémissais avec une grâce infinie et tes caresses ensorcelantes me faisaient voir des galaxies. Pourtant je refuse de t’appartenir parce que je ne m’appartiens pas.

Tu m’en veux et je le sais mais je préfère ma liberté à ton amour. Je préfère taire mon cœur et laisser libre cours à mon corps. Je préfère la volupté par-dessus l’amour, je préfère ce feu qui me consume quand mes yeux vont plus loin que mon cœur, beaucoup plus loin que ne saurait toucher aucun sentiment, noble ou vicieux.

Je ne m’appartiens pas. Non pas parce que je ne me connais pas ou encore moins parce que je ne sais pas où me retrouver, mais plutôt parce que je sais que la pire prison que je pourrais connaitre sur cette terre c’est le cœur d’une femme.

Je les aime toutes, autant qu’elles sont resplendissantes et adorables. Mais je les aime comme on aime un papillon auquel on ne veut pas arracher les ailes ni priver de liberté. J’aime les femmes comme une musique qui vient de loin et que le vent emporte vers les cimes d’une montagne qui chatouille les nuages. Une mélodie qui s’en va comme le temps qui fuit hier mais qui, demain, reviendra avec une nouvelle tête et de nouvelles perspectives.

J’aime les femmes comme un enfant aime un jouet qui ne lui appartient pas mais qui se complait à profiter de chaque instant comme si c’était le dernier. J’aime les femmes comme il convient d’aimer un lieu sacré tout en sachant pertinemment que l’on ne peut pas perpétuellement y demeurer.

Je vois en chaque femme un attrait d’unicité équivoque qui embrase une multitude de passions subsidiaires à des tendresses viscérales et une douceur impondérable. C’est pourquoi je ne m’attache pas, sinon qu’à mes valeurs qui m’indiquent là où il faut aller et quand, toujours vers l’élixir somptueux de tout monde épicurien qui se niche dans le corps gracieux de toute femme.

Ne m’aime pas si tu veux que je sois à toi ; ne m’aime pas si tu veux que je t’appartienne, car je ne m’appartiens pas, je suis un homme à femmes.



Jean Rony Charles

Jean Rony Charles, surnommé Charlot Tout Court, est un féru de lecture et d'écriture. Dès son plus jeune âge il se laisse emporter dans le sillage des courants euphoriques du monde littéraire. Aujourd'hui, en parallèle d'une passion, il compte en faire un mode de vie, plus qu'un métier. Car il s'amuse à jongler entre le réel et le fantastique, mais le tout agrémenté de ce réalisme impondérable qui caractérise le quotidien. Bientôt, on le découvrira davantage dans sa première nouvelle, COEUR TOMBAL, à paraitre chez les Éditions Muse.

Lire aussi

AGASE LANMOU

Tu penses l'avoir vue nue

Commentaires