Rejoignez-Nous, Textes En folie WhatsApp +509 4040 68 40.

Le premier nuage

Une matinée inconfortable dans la palette d’un jour qui annonçait de nombreuses couleurs : blanc, crème, gris et gris. C’étaient les couleurs du premier nuage apparu à la sortie principale du ciel. Ce nuage qui portait quatre belles couleurs sur la peau, dont un gris très clair et un autre gris plutôt foncé, caricaturait un petit mouton oublié sous le soleil brûlant. Tout en grandissant, il changea de forme, à l’approche de la mort et à mesure qu’il se transformait. Mais il tonnait encore. Non, il s’était fondu dans un gros nuage de blanc pur, avant même d’atteindre l’horizon.


Entre-temps, un autre nuage est réapparu. C’est vrai qu’il avait la même couleur que le premier, mais il était plus grand, et sa forme caricaturale était différente. Car, il ressemblait lui-même à un gros chameau assoiffé. Si, aujourd’hui, c’est le jour du voyage de la vie, c’est forcément le jour de la pénitence. Ce nuage se divisait en deux parties.


La première partie se transforma en un grand dragon colérique qui crachait du feu. Mais en crachant, il se brûla jusqu’à se fondre dans le grand nuage de blanc pur qui s’installait là en permanence.


L’autre partie, quant à elle, se transforma en un petit oiseau qui ressemblait à un petit aigle abandonné au nid par sa mère, sans même lui apprendre à voler. Sa survie et celle de toute la race dépendait uniquement de ses efforts. Il suivit le dragon brûlant et les souffles de ce dernier le consumèrent aussi.


Ainsi, je levai donc les yeux vers la limite du ciel où il n’y a pas de sol, et je vis le premier nuage reprendre sa forme tout en traversant l’horizon jusqu’à ce que je ne puisse plus le voir.



Ansky Hilaire

A Propos Ansky Hilaire

Ansky Hilaire, ce petit bourgeon littéraire de Léogâne, a vu le jour à Dufort un 22 juillet, un jour si précieux pour un orphelin de père et de mère morcelé par cette gifle qu’il a reçue de la vie. Triste désillusion qui, pourtant, aura son maillon de couleurs vives car il n’a pas abandonné son goût de vivre. 
 
Ansky Hilaire a fait ses études primaires à l’Ecole Nationale de Dessources avant d’entrer au Lycée Anacaona de Léogâne. Par la suite, il a étudié les Sciences Juridiques à la Faculté de Droit et des Sciences Economiques de l’UEH et le Journalisme à l’ISNAC. 
 
En 2019, on l’a retrouvé parmi les 12 jeunes qui ont reçu le certificat honorifique de « Yon ti boustè » à Delmas pour son engagement au sein de la Société Civile Haïtienne. 
 
Le jeune homme a également reçu le Prix jeune écrivain Léogânais de « Bouradd » en 2020. Par ailleurs, il a été consacré Jeune leader de l’été 2019 par Yogann Magazine. Trois (3) fois nominé parmi les personnalités les plus influentes à Léogâne, une fois — aussi parmi les vingt (20) jeunes qui ont marqué l’année 2020, malgré le coronavirus. Il a récemment été élu au prix de littérature Palmes Magazine pour la région Palmes 2020. 
 
Ce poète dans l’âme, pour honorer la mémoire de sa mère, se livre corps et âme pour la valorisation de la culture Haïtienne à travers ses écrits, ses positions et ses prises de décisions pour la communauté des divinités, il a publié son livre intitulé « Lakou Zandò ». Ce livre porte la marque de la culture vodou et des valeurs ancestrales. 
 
À commencer par son premier roman « La convergence de l’amour » passant par « Le condamné » pour arriver à son dernier ouvrage « Lakou Zandò », recueil de poésie dans lequel il évoque dans ces ouvrages toute une série de faits auxquels nous faisons face au quotidien et que les médias font semblant de ne pas être au courant.

Lire aussi

Cassure

Pwèl Fanm

Nostalgie

Commentaires